Le retour live des Guns N' Roses: flashback d'une génération & rocking on... (Partie 2 sur 4: La continuité du rock : Guns N'Roses – Franz Ferdinand – Nothing But Thieves)
Le concert tant attendu de Guns N' Roses à Berne… enfin… je ne pensais qu’à ça…il y avait une bonne dose de nervosité et de suspense. Souvent, je suis encore plus nerveux et ai une sorte de trac encore plus que l’artiste qui doit se rendre sur scène. G N’R constitue LE symbole du hard rock et a servi ma véritable conversion au rock, car j’avais baigné dedans. J’en ai vécu l’apogée, je les ai vus en 1992 à Paris au sommet du sommet et puis en 2010 à Genève avant des les revoir à Berne ce 05 juillet 2023. Je les suis depuis les débuts, depuis Appetite for Destruction, 1987.
Comme indiqué à l’accueil de mon blog je suis fan de rock n’roll depuis 1987, et putain je crèverai en gueulant « Nightrain » des Guns N’fuckin’ Roses ! Étant de la génération musicale fin 80’s début 90’s, je me réfère toujours à un moment structurant dans ma vie de rockeur: tu sais que tu vis quelque chose de très grand au bon endroit, au bon moment, au sommet de la nouveauté et de l’énergie de la jeunesse. Comme dit précédemment, c’est grâce aux G N’R que j’avais redécouvert les Rolling Stones, j'en parle davantage dans un blog post précédent ici.
Je re-visualise dans ce contexte mon ami Rich’ chez qui j’allais jouer de la gratte électrique dans la « banlieue » dangereuse de Meyrin à l’époque début 1990’s où j’avais grandi, partiellement. Et c’est avec Rich’ qu’on allait prendre des cours de guitare ensuite à l’autre bout du Canton, en France même à Gaillard, chez un charlatan, fraichement viré de l’ETM (École des technologies musicales) auparavant !
Rich avait été initié au hard rock et au metal, et j’avais eu l’honneur d’y jouer une part prépondérante. Il a dévoré et adoré cette musique avant qu’il ne sombre dans la drogue du rasta. À la gratte, il était tellement doué qu’il rejouait à l’oreille les solos de Slash des G N’R comme celui de « November Rain » et aussi d’autres pointures de l’époque, comme le solo guitare légendaire de « Over the Edge » de L.A. Guns (groupe lié aux Guns n’Roses à l’origine). Ou encore le solo mélancolique de « Nothing Else Matters » de Metallica. Nous étions enfants du « Black Album » même si nous écoutions Metallica déjà bien avant. Rich alignait donc ces solos après juste une écoute, en le reproduisant note par note, c’était trop bon, impecc…! Alors je lui plaçais et lui allumais une cigarette dans la bouche pendant qu’il jouait le solo... et lui disais c’est bon… tu as le look maintenant…
Retour au concert juillet 2023. Tout a commencé dans le train, où nous étions en route pour le Stade de Suisse. L'excitation était à son comble – je devais voir G N’R avec line-up original pour y croire - mais il y avait aussi une certaine nervosité dans l'air. Joe, un ami de longue date devait enfin se joindre à moi dans le train pour ce concert épique, et l'idée de le voir après une longue attente ajoutait à la tension : surtout que je venais d’apprendre un mois auparavant qu’il est rockeur aussi !!! Je le connais depuis l’université, donc même génération G N’R, cela fait plus de 25 ans et c’est vrai que nous avions parfois parlé musique, mais ce n’était pas notre sujet principal. Merde, c’est le petit-bourgeois terre-à-terre ou quoi ? Non, non, on n’est pas des vieux cons, quand même pas. Du coup, j’apprends que nous avons des goûts similaires, p.ex. il a été voir KISS au Paléo dernièrement comme moi, etc., et en plus il joue de la gratte électrique dans un groupe de rock. Je le connais depuis au moins 25 ans, c’est presque surréaliste de revenir sur le rock n’roll ensemble avec autant de passion, non exprimée pendant trop longtemps...
Je suis surexcité de partager cette attente non seulement avec Joe, mais je me réjouis de retrouver Murat un vieil ami avec sa copine ainsi que le frère de Murat. A part la fille, nous sommes tous des rockeurs dès la première heure.
Dans ce train CFF où je descends la première bière offerte par Joe, en quelques secondes, je lui déballe mes derniers concerts, les nouveaux groupes que j’écoute, sur l’actualité du rock, hard rock, rock indie, un peu de metal… La plus grande joie est d’anticiper donc de voir les Guns réunis, en tout cas les trois piliers: Slash, Duff et Axl.
Évidemment, c’est dommage pour les guitaristes successifs de l’époque Izzy Stradlin ou Gilby Clarke qui ne sont plus de la partie. J’avais vu les Guns en 2010 – sans parler ici de 1992, voir mon article de blog précédent – et Axl avait été seul en 2010 pendant la tournée « Chinese Democracy » sans les anciens, à part Dizzy Reed (clavier), présent ici en 2023 aussi. Cette « reunion », que ça fait du bien !
The Pretenders assurent la première partie. Vieux groupe très connu des 1970’s, très respectable. C’est sympa, mais pas assez rock n’roll pour moi. Nous comprenons tous que ce n’est pas facile de chauffer la foule pour un groupe aussi légendaire que Guns N' Roses. Au fur et à mesure que la soirée avance, l'ambiance monte progressivement, il fait jour longtemps, et il fait assez chaud. Murat arrive enfin avec sa copine, et il se charge des bières et même la bouffe. J’éclate d’impatience… Nous voilà:
Le concert de Guns N' Roses débute avec une énergie débordante, rappelant les moments où le groupe avait l'habitude de jouer avec la patience de la foule mais qu’il ne peut plus se permettre…. Des filles latinos ou espagnoles, ou même italiennes je ne sais plus, autour de nous hurlent « Axeeeeeeel !!!» et « Slaaaaaash !!!» dès le tout début. Purée, les mecs ont quand même presque la soixantaine…. Ils entament ainsi encore en plein jour et donc pile à l’heure à 19h00 la première chanson "It's So Easy" comme au bon vieux temps, en 1992. Axl Rose a captivé la foule avec sa voix caractéristique et ses mouvements félins. It's so fuckin' easy !!!! Regarde ça:
Echaînement direct avec"Bad Obsession", j'en suis aux anges:
S'enchaînent encore "Chinese Democracy", et "Slither" (une reprise de Velvet Revolver, groupe spin-off des Guns N'Roses !!!). Mon propre extrait:
L’énergie devient contagieuse atour de nous avec les riffs de guitare de Slash et la basse puissante de Duff McKagan. Ils sont vraiment là, cette fois je le crois. J’attends de les revoir avec ce line-up depuis...1992 !
Même si la voix d’Axl n’est pas toujours au point, et j’en n’ai rien à foutre des critiques, c’est le retour de ces hymnes du rock n’roll qui m’intéresse et surtout que Slash et Duff sont là en chair et en os !!! Et ça envoie du hard rock à fond la caisse à 60 ans et plus. La majorité du public de Berne hélas n’était pas celui de Thun, la folie et la communion totale vécue avec et le public et les groupes Mötley Crüe et Def Leppard la semaine précédente. Le fait de jouer en plein jour n’a pas aidé, bref, cela vient du phénomène de la grande quantité, des concerts de masse à succès grand public, car G N’R a rempli le stade de Suisse ici à Berne : le concert attire hélas beaucoup de petit bourgeois terre-à-terre incultes qui viennent que par snobisme et n’ont rien à voir avec les rockeurs. Je leur dis juste, retourne dans tes pampers ! Cela ne m’empêche pas de vivre pleinement ce concert et de « rocker et roller » comme il se doit. Je me revois en 1992 à Paris quand je les avais vus pour la première fois, line-up semblable avec ces trois piliers du groupe. Mais attend, Slash, où est ta cigarette ? Pas un concert sans la clope au bec à l’époque, c’était devenu légendaire. Sûrement encore une interdiction débile qui a mis fin à la cigarette combustible sur scène. J’ai vu pareille à Paris en 2022 avec Keith Richards des Stones, même histoire ou quoi ? Ou Slash a simplement arrêté de fumer. Et Keith aussi paraît-il…
La passion du moment partagée avec des amis est toujours cruciale, surtout avec des rockeurs. Je suis donc très content sur place de partager ce moment de nouveau avec Murat (on était à Def Lep / Motley Crue la semaine avant), sa copine, et le frère de Murat, on s’éclate, on connaît toutes les paroles, on hurle tant qu’on peut. Joe est allé entre-temps devant au « Golden Circle », il a pu jouir d’une visibilité encore meilleure que de nous autres. Axl a toujours cette belle colère en lui:
Purée et c'est la Reckless Life !!! Il ne manquait plus que "Nice Boys don't play Rock n'Roll !!!
Mon propre extrait:
La performance s'est poursuivie avec des classiques tels que "Mr. Brownstone", "Welcome to the Jungle", ainsi que le nouveau titre "Hard Skool" que j’hurlais déjà par coeur, et qui ont enflammé la foule, et j’en reviens toujours pas que Guns n’ Roses sont devant moi. La setlist comprend également des moments plus intimes comme la majestueux "Estranged", totalement introspectif, je ne m’y attendais pas, c’est immense. "Rocket Queen" nous fait vivre toutes les humeurs en vrai chef-d'oeuvre tant dans la rythmique que dans le lyrique, sans parler de Slash qui chante avec distorsion totale sur ces propres solo... Puis "Pretty Tied Up" me fait planer, purée ils ont à peine jouer en live de toute leur histoire, je me souviens de la caricature dans les paroles de la pochette originale de Use Your Illusion II…Toujours adoré ce morceau.
Entre les ballades émotionnelles comme "November Rain" et "Patience" on a droit au "There Was a Time" violent et mélancolique de l'album Chinese Democracy. Mon propre extrait:
November Rain et Patience ont fait remonter encore des souvenirs du début des années 1990, notamment ma sœur qui éclate en sanglot devant l’écran en voyant la scène de mariage du clip de November Rain sur MTV…. Slash assure les solos de guitare toujours et encore de façon royale et la reprise de "T.V. Eye" des Stooges, cet immense groupe de Iggy Pop, avec évidemment Duff au chant qui me touche à chaque fois. Je le revois en rêvant et planant interprétant « Attitude » déjà en 1992 à Paris. Duff c’est le punk rocker des G N’R, il est tellement attachant. Je perds les pédales sur le vrai titre tellement rock n’roll "Anything Goes", purée ils ne l’ont pas fait en live depuis 1989, et je ne m’y attendais tellement pas. C’est une bouffée d’air frais dans ce monde de woke combiné au petit-bourgeois terre-à-terre et au bobo. Ce titre avait été écrit avant que G N’R existe même, déjà en 1981, un des plus ancien numéro du groupe. Je n’y crois pas, j’ai droit à ça de mon vivant, alors fuck the hits, vive le vrai rock n’roll !!! C’est ça trois heures de spectacle, on y trouve les pépites. Résumé extraits de plusieurs titres du concert avec les moments forts ici: 4': Pretty Tied Up / 7' Rocket Queen / et surtout 9'50'': Anything Goes.
Live à partir de "Locomotive" jusqu'à Nightrain:
Il faut s'arrêter à ces morceaux en particulier, c'est du bon récent:
Hard Skool - le nouveau titre (écrit en 2022): c'est tellement du bon typique vieux Guns mais fait aujourd'hui, à 6'.
Sans oublier le très différent du reste "Absurd" - (écrit en 2021) : planant, industriel, alternatif, très bien !
Les grand moments s’enchaînent, l’apogée du concert arrive avec « Nightrain » que j’ai toujours adoré. Il faut savoir les paroles, mais pas que le refrain, les couplets sont essentiels aussi.
(…)
Well, I'm a west coast struttin'
One bad mother
Got a rattlesnake suitcase under my arm
Said, I'm a mean machine, been drinkin' gasoline
And, honey, you can make my motor hum
Well, I got one chance left in a nine lives cat
I got a, a dog-eat-dog sly smile
I got a Molotov cocktail with a match to go
I smoke my cigarette with style
And I can tell you, honey, you can make my money tonight, rrah
(…)
I'll be loaded like a freight train
Flyin' like an aeroplane
Feelin' like a space brain
One more time tonight
Le voilà à Berne !!! Nightrain live entier:
Je voulais dans ma jeunesse – il y a plus de 30 ans- aller foutre la merde avec « Nightrain » en mettant les G N’R sur la scène de Sacrée Soirée sur TF1 chez Jean-Pierre Foucault ! Une sorte de concurrent à l'émission "Champs-Elysées" de Michel Drucker. L’émission de variété incarnait tellement la musique du petit-bourgeois terre-à-terre, performances play-back, public assis et petit-bourgeois, mais tellement formaté, que j’imaginais la révolution rock n’roll avec Nightrain ! Casser la baraque dans cette soirée mondaine de « Sacrée soirée ». La vie en musique. J’ai toujours rêvé de ça. La vie comme une sorte de comédie musicale, ou chacun chante ces lignes, avec plus ou moins de violence… Je n’ai appris que 30 ans plus tard que Jean-Pierre Foucault a été en réalité un grand fan des Stones et qu’il avait même travaillé à la réalisation du fameux concert de Marseille dans les 1960’s….
Mais avant la fin du concert le solo mythique de Slash sur Don't Cry, mon propre extrait:
Le concert s'est terminé en apothéose "Paradise City". Trois heures de concert, une vraie démonstration que Guns n’ fuckin’ Roses – qu’on avait enterré et déclaré mort plusieurs fois dans l’histoire- est toujours là, rockin’ n’ rollin’ en 2023, à montrer l’exemple dans l’univers du rock ! Et un stade de Suisse totalement rempli. Le petit-bourgeois terre-à-terre, hélas très présent à Berne étant venu pour les « tubes » et par snobisme, eh bien il a été entubé ! Il a été bien intimidé par le rock n’roll et ses vrais adeptes, espérons qu’il est vaincu pour de bon. A la sortie, nous sommes sur le cul avec Murat, nous revenons sur le retour de Mötley vu la semaine dernière, Murat revient sur le départ difficile et forcé du guitariste Mick Mars...Et nous sommes donc d'accord de dire que c'est trop fort et touchant à la fois de voir G N'R ensemble depuis les décennies qu'on les attend. Slash est là, un pro sans faute, et Duff est toujours aussi attachant humainement...
Du coup, mon premier flashback reprend soudainement, c’est vraiment la fin du concert nous faisant encore voyager et planer dans la pureté du rock n’roll en live, revivre et refaire les 80’s et 90’s mais de façon authentique et actualisée : mission accomplie. Et tout le bagage qu’il symbolise. Mon ami Rich’ adorait aussi G N’R, il était un des garçons les plus brillants, un modèle des hommes et des femmes, un véritable play-boy pour son jeune âge, et il était au top dans tout ce qu’il entreprenait.
Il devait dès lors devenir rockeur d’une façon ou d’une autre ! Mais il a quitté ce monde beaucoup trop tôt, histoire de drogue et d'addiction. On s’était déjà perdu de vue à l’université, je ne le croisais plus que sporadiquement. Il s’est suicidé dans un contexte d’addiction, et il devait avoir même pas 30 ans, je ne sais plus exactement… Quelle tragédie. Nous étions même allés une fois que les deux, en traversant quasi toute la Suisse, à 16 ans, au fin fond de Lucerne pour voir Megadeth…ça me fait penser à propos guitare : nous avions vécu vu et endendu en live l’historique Marty Friedman aux côtés de Dave Mustaine, la tournée inoubliable de l’album « Rust in Peace ». ! Sans parler des voyages en vacances d’été pendant des semaines en Hongrie avec un troisième ami rockeur Le Bor. Le pays venait de transiter dans la liberté économique et la liberté politique, et des clubs de tous styles avaient ouvert en masse, y compris pour célébrer le hard-rock.
Nous étions trois rockeurs courageux quand personne ne s’aventurait encore dans ces pays… Nous y étions allés surtout pour nous éclater et casser la baraque dans les nouveaux rock clubs enfumés de Budapest. En réalité, la culture rock était par ailleurs déjà bien établie, bastion de la dernière liberté personnelle même pendant la dictature quelques années auparavant. Pendant ce voyage symbolique, Rich’ y perdra même sa virginité….C’était juste après l’ouverture des frontières et la fin du communisme, au lendemain la chute du rideau de fer, début d’une nouvelle ère qui devait être celle de la liberté.
Setlist du concert ici









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